Compte rendu Emmanuel Macron

Le sommet international sur le climat souhaité par le président français s’est tenu à Paris le 12 décembre. L’endroit où B était là pour suivre ce sommet One Planet et vous dire ce qui s’est passé là-bas. Donc, le sommet concret un mois après la COP23 ou une opération de communication présidentielle ? On vous dira tout !

Un sommet recherché par un homme

Un petit pas en arrière, pour commencer. Le Sommet One Planet a été annoncé par Emmanuel Macron le 8 juillet. Cette annonce faisait suite à la décision de Donald Trump de libérer les États-Unis de l’Accord de Paris un mois plus tôt. L’objectif du président français était clair : prendre l’initiative en matière de climat et renforcer le compromis atteint aujourd’hui il y a deux ans à Paris. Le sommet One Planet était censé être un sommet d’actions concrètes et, surtout, de la finance verte. Le président Macron a averti, voulait des engagements financiers de toutes les parties prenantes pour confirmer l’élanpositif de la COP21. Donc, le contrat est terminé ?

Petits plats en grand pour le climat

La première chose qui a frappé les participants à leur arrivée a été le cadre pour accueillir le sommet international. La Senna Musicale est un endroit très agréable, encore très neuf et dispose de grandes salles parfaitement adaptées à l’accueil du public. La sécurité était très présente avec différents contrôles (au moins trois !) entre la sortie du métro, l’accès à l’île de Seguin et l’entrée du site de l’événement lui-même. L’organisation avait conseillé aux participants d’arriver tôt, compte tenu de l’afflux prévu. Avec 4 000 participants, le sommet a été un succès de ce côté-ci.

Un millier de journalistes accrédités témoignent de la succession de la démarche. La programmation a été assez facile à suivre. 4 groupes d’experts distincts avant la session de haut niveaudes chefs d’État et des ministres. Bien sûr, il est plus facile d’organiser un tel événement en une seule journée et en un seul endroit qu’en deux semaines et deux endroits, comme ce fut le cas à Bonn pour la COP23. Une simplicité appréciable pour ceux qui sont habitués à la COP. Sur ce point du moins, il ne semblait pas que l’objectif était d’établir un bis de la Conférence des Parties. Organiser plutôt des tables rondes où des groupes se sont suivis rapidement pour permettre aux parties prenantes de venir présenter leurs engagements en matière de climat.

Le sommet de l’action ?

Au-delà de la forme impressionnante, c’est bien sûr la substance que nous devons évaluer ce sommet. Avez-vous vraiment fait la différence dans le financement par rapport à Bonn ? Que pouvez-vous prendre des annonces qui y sont faites ? C’est toute la question soulevée par les participants de la société civile. Les ONG s’attendaient à une action ferme et à des décisions énergiques après une Conférence des Parties décevante de ce côté.Selon les experts et les scientifiques, il ne s’agit que de quelques années pour réorienter notre économie vers une pente moins dangereuse pour protéger le climat. Et ce sommet était censé être celui des Etats qui veulent agir.

En effet, certains engagements ont été pris au Sommet One Planet par les acteurs présents. Avant tout, l’annonce de la Banque mondiale cessera de financer l’exploration et la mise en valeur du pétrole et du gaz après 2019 . Un signal important pour arrêter les subventions pour les fossiles encore trop nombreux. Il convient également de noter le développement des marchés du carbone américain et chinois. Aux côtés des acteurs publics, peu d’autres éléments importants à noter. Nous devons nous pencher sur le secteur privé, en particulier les fonds d’investissement, souverains ou privés, pour voir certains engagements intéressants. Certainsse sontengagés à promouvoir leurs investissements, maisseulement pour 5% ou un peu plus. Difficile avec de tels chiffres parlent pour le temps de la révolution pour la transition.

Encore beaucoup de communication

Et c’est exactement ce que de nombreux acteurs au sommet ont entendu. Les panels, bien qu’ils soient d’un très bon niveau, n’avaient pas beaucoup de nouveaux éléments à proposer. Les initiatives de la précédente Conférence des Parties ont été rappelées : l’Alliance solaire internationale ou leFonds pour lutter contre la dégradation et la désertification du territoire . Beaucoup de gens ont fait appel à la justesse des entreprises et des investisseurs privés. Le président du Fonds vert lui-même s’est réduit à rappeler que la clé est de catalyser le financement privé. L’ Agence Française de Développement (AFD) a annoncé sa volonté d’être la première agence au monde « 100% Paris Agreement ». Bien qu’il soit accusé par plusieurs ONG de continuer à financer des projets del’extraction fossile et même le charbon.

Donc @AFD_France, les projets #charbon, #déforestation en #BassinDuCongo sont passés ? Bonne nouvelle ! #OnePlanetSummit
Nous attendons de nouveaux articles @mediapart pour annoncer tout cela ! #climat #greenwashing #MakeOurPlanetGreatAgain

— Greenpeace Paris (@GP_Paris) 12 décembre 2017

Le One Planet Summit a réussi à réunir des banques de développement, des chefs d’État, de grandes entreprises, des philanthropes et des communautés locales. Mais ils n’ont pas pu annoncer beaucoup plus que des alliances et de nouveaux processus de travail. Ainsi que leur désir d’augmenter le prix du carbone, qui est encore trop bas pour peser. En fin de compte, et bien que cela ait été la priorité du Président Macron, les chiffres relatifs aux nouveaux engagements restent faibles. Bien sûr, il y a eu de nouvelles promesses et des messages forts, mais désespérément peu de nouveaux financements. Il y a encore un manque dede la manière dont l’engagement annuel de 100 milliards de dollars pour aider le Sud à faire face aux changements climatiques pourrait être respecté.

La position centrale du président français

La plus grande leçon de ce sommet, qu’ Emmanuel Macron voulait et organisé, est sans aucun doute son accent sur les questions climatiques. Sa parole semble être le seul capable de traiter ces problèmes avec d’autres Capistato. La mise en scène était prête à accentuer cet état de choses. Retard tardif de la part du président français forçant les autres chefs d’État à attendre patiemment devant le public devant l’assemblée. Diffusion en direct dans la salle de sa descente du bateau tandis que les animateurs doivent fournir. Puis, le discours d’ouverture a commencé autour d’une phrase qui a été citée dans tous les médias .

On ne peut pas dire qu’on ne sait plus.
C’est ça#OnePlanetSummit est le début d’une nouvelle génération. #OnePlanet pic.twitter.com/kqlfzxvcfd

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 12 décembre 2017

Emmanuel Macron a également conclu son discours en enseignant à d’autres participants. Ils ne peuvent parler que s’ils ont une annonce concrète à faire ! Diplomatiquement assez dur pour croire encore, comme danslaCOP23,c’est lui qui reçoit les plus grandes explosions d’applaudissements. Peut-être à l’exception de nombreux représentants américains : Arnold Schwarzenegger, Bill Gates, Sean Penn, John Kerry ou le sénateur californien Jerry Brown. Ils sont venus défendre l’engagement américain et l’idée queDonald Trump était isolé et n’a influencé que marginalement les efforts américains, et ont été les premiers à louer le président français.

Nous avons l’impression d’assister à un échange de bons processus. Les Américains ont tout intérêt àutiliser son image positive sur la question climatique. Cela leur permet d’approfondir l’écart avec Donald Trump et de mettre en évidence son isolement sur la scène internationale. En fin de compte, nous n’avons jamais entendu plus d’Américains acclamés dans les dirigeants du climat qu’après l’annonce de la retraite !

Le regard des ONG françaises

Le One Planet Summit a été un succès pour Emmanuel Macron et l’image de la France en tant que champion du climat. Comme nous l’avons vu, les progrès ne suffisent pas à en dire autant sur le fond du problème climatique. Telle est la conclusion des ONG françaises qui dénoncent le « tabagisme ». S’ils se félicitent des décisions de la Banque mondiale ou d’Axa , qui se désisteront et réduiront son soutien en matière d’assurance pour les sables bitumineux, ils estiment que le compte n’est pas présent. Par conséquent, la récente mobilisation des banques françaises reste dénoncée commepeu profond. Entre 2015 et 2016, le financement des combustibles fossiles a augmenté de 135 %.

Il est préférable de comprendre pourquoi les ONG ont décidé de mettre le 12/12 sous le signe de la mobilisation « Pas un euro de plus pour les énergies du passé ». Quelques centaines de militants représentant une trentaine d’organisations ont ouvert la journée par une manifestation de la Place du Panthéon à Paris. Malgré la médiocre couverture médiatique de cette action, la nécessité de mettre un terme à toutes les subventions aux combustibles fossiles était au sommet. Nécessité mais pas encore réalité. Par conséquent, la France n’a pas annoncé l’élimination des 7 milliards qui continuent de soutenir les fossiles. Lors de la COP23, l’exemplarité française internationale reste largement contestée par les organisations locales.

Rendez-vous l’année prochaine pour le prochain sommet One Planet

Emmanuel Macron aa terminé la réunion au sommet en un anpour une deuxième édition . Entre-temps, la Coalition One Planet et une plateforme dédiée seront lancées. Celui-ci devra identifier et, surtout, suivre les engagements pris par les participants. Le président français a fortement insisté sur ce point, car il a déclaré qu’il était urgent d’assurer la transparence et le respect des promesses faites. Nous verrons comment ce suivi sera fait et quelles seront les conséquences possibles pour ceux qui sont en retard. Une autre question est de savoir comment les négociations climatiques 2018 accueilleront-elles la compétition d’un nouveau sommet international en plus de celui prévu en Californie en septembre ?

2018 sera en tout cas une année cruciale. Le mécanisme de mise en œuvre de l’Accord de Paris devrait être achevé à la fin de l’année lors de la COP24. Et il reste peu de temps pour respecter laengagements avant 2020. Le plus mince espoir d’un chauffage limité à 2°C est à ce prix.

Place à B devrait être là pour suivre tout cela !

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